Tuesday, February 9, 2010

Buffy saison 8 – Fallait-il vraiment en faire un comic?

Buffy contre les vampires, tout le monde connait. Une série télévisée en sept saisons, devenue culte dès ses premiers épisodes. Une actrice principale, Sarah Michelle Gellar, qui avait trouvé là le rôle de sa vie. Des seconds rôles au moins aussi bons qu’elle. Un univers à la fois proche et fantastique, métaphore permanente et flamboyante du morne quotidien de nos années adolescentes. Un créateur, Joss Whedon, qui avait trouvé là un terrain de jeu dans lequel il était seul maitre à bord. Des dialogues décalés et hilarants, même dans les situations les plus sombres. C’était du bonheur en barre, à regarder chaque samedi soir, à une époque où le téléchargement sur internet n’existait pas.

La série télévisée s’est arrêté à sa septième saison. Buffy était sortie des études, et avec son entrée dans la vie adulte la série avait pris un tournant beaucoup plus sombre. Elle méritait la belle fin qu’elle a eu, plutôt qu’une longue et pénible agonie, placée sous perfusion pour tenter d’en extraire tout le fric possible. Très bien.

Une huitième saison en comics

Peu le savent en France, mais les aventures de Buffy continuent maintenant en comics. Une huitième saison, qui devrait compter 40 épisodes, est en cours. Vingt-huit tomes sont aujourd’hui parus. Ce changement de médium n’est pas une adaptation ou un simple produit dérivé. C’est toujours Joss Whedon qui est aux manettes (comme producteur, et parfois comme scénariste). Il s’agit ici d’une vraie saison 8, qui se passe après les évènements de Sunnydale.

Sur le papier, la suite est cohérente: Buffy a réveillée toutes les tueuses potentielles, plusieurs centaines d’entre elles l’ont rejoint dans sa lutte contre les forces du mal, et tout le monde vit dans un grand château écossais d’où s’organisent les raids contre les démons. Un nouveau départ pour cette grande série? Cool.

Le monde a changé

Buffy et tous ses amis ont pas mal évolués, et avec eux l’univers de la série. Exit les études et Sunnydale: la guerre contre les forces du mal prend ici toute la place, et le monde entier est le nouveau terrain de jeu des tueuses. L’occasion de se payer des décors un peu trop chers pour une série télé. Ou des scènes de batailles impliquant plusieurs centaines de personnages. Voir même des passages dans des univers qui, projeté sur écrans, nécessiteraient un budget effet spéciaux conséquent. Dans un comics, décors et acteurs ne coutent que l’encre nécessaire à les dessiner, Whedon aurait tort d’en priver.

On retrouve l’art de Whedon pour les dialogues, toujours aussi bons. Son art de la métaphore est toujours là par moment, mais il ne touche plus aussi juste qu’au temps ou Buffy était au Lycée. Et surtout, dans cette surenchère permanente, Whedon se perd. Plus de limites, plus de génie. La Tueuse et son armée rejoignent le grand club des super-héros sans charme et sans poésie.

Une mauvaise BD

Et puis, une BD, c’est d’abord raconter une histoire en image. Ici, les vrais fans de BD resteront sur leur faim devant des cases mal construites et un trait sans charme.

On lit quand même, parce qu’on aime les personnages, et qu’on a envie de savoir ce qu’ils deviennent. Dommage: la plupart d’entre eux prennent des chemins plus que décevants. On continue de lire, parce que même si certaines situations sont crées de toute pièces pour pouvoir placer des mauvais jeux de mots, on aime toujours Whedon. Parce que Buffy reste Buffy. Y compris quand on la massacre.

Comments
blog comments powered by Disqus