Wednesday, February 24, 2010

2013, la série que l’on ne verra probablement pas

[Spoiler 2012 ci-dessous, pour ceux qui n’ont pas vu le film]

Après avoir regardé 2012, le blockbuster d’il y a trois mois, je m’étais fait une réflexion: vu comment se termine le film, il y a là un potentiel certain pour une série.

Évidemment, Emmerich a eu la même idée (copieur). Il a donc commencé à bosser sur 2013. Et à peine quatre mois plus tard, il baisse les bras, arguant que son projet est trop coûteux pour la télé. Dommage. Y’a pourtant un vrai potentiel.

Battlestar Galactica, en plus proche de nous

Quelques gros bateaux transportant les derniers survivants de la race humaine, avec pour mission de reconstruire la civilisation: le pitch rappelle fortement Battlestar Galactica, superbe série de science-fiction qui a durée quatre saisons.

Même sans effets spéciaux de fou (la terre a déjà été détruite, y’a de l’eau partout, pourquoi tu veux te prendre la tête avec des effets spéciaux?), on avait la matière pour une grande série. Une histoire posant de vrais questions sur la religion, la sauvegarde de la civilisation, le destin, l”humanité…

Dans ces bateaux, on trouve toute l’humanité rassemblée à l’échelle d’une petite ville. Des représentants de toutes les nations, de toutes les religions, de toutes les convictions. Donc, un potentiel de discorde certains entre représentants de pays, de civilisations, de langues différentes.

Choix de société

Après une apocalypse pareille, les athées et les religieux de tout poil auraient pu joyeusement se foutre sur la gueule. Les bateaux chinois et américains auraient pu faire la course pour coloniser en premier les rares bouts de terre émergés

Si on suit le scénario du film, il y a dans ces arches de Noé trois grandes castes: les staff members qui ont conçus les bateaux (scientifiques, militaires, politiques, membres d’équipages) les méga-riches qui ont acheté leur billet, et les types génétiquement sélectionnés pour sauver la race humaine.

La encore, gros potentiel.

Dans ce nouveau monde, l’argent est inutile. Tout le monde a sa petite cabine de bateau, sa ration de nourriture quotidienne, et c’est tout. Comment réagit le multimilliardaire qui se retrouve du jour au lendemain au même niveau que son serviteur?

Dans ce nouveau monde, tout est précieux. Quand les militaires voudrons manger les girafes parce qu’il ne reste rien d’autres, les scientifiques ne vont-il pas râler parce qu’on appauvrit la biodiversité? Quand le bateau coulera et qu’il faudra choisir entre sauver un gamin où La Joconde, qui sera sauvé?

Dans ce nouveau monde, les vieux démons existent toujours. Les génétiquement sélectionnés ne vont-ils pas avoir tendance à se croire un poil “race supérieurs”?

Et s’il y a un seul type qui a le sida dans le bateau, le balancer par-dessus bord ne permettrait-il pas d’éradiquer cette maladie à jamais?

Mais vu qu’il reste si peu d’humain, en tuer un seul n’est-il pas le pire des crime?

Et l’avortement, dans cette configuration là, c’est pas un crime contre l’humanité, aussi?

Et la démocratie participative, dans un bateau, ça marche?

Tout pleins de questions sympas, qui auraient pu faire une grande série.

Mais apparemment, Emmerich préfère tout faire sauter. Mais comme il ne peut pas, il baisse les bras. Dommage. Espérons que Mark Gordon (producteur de Grey’s Anatomy), qui est maintenant en charge du bébé, ait un peu plus d’imagination.

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