JANVIER 2017: Pierre Laurent, numéro 1 du Parti Communiste, hérite à l’improviste d’une énorme fortune en pleine campagne pour l’élection présidentielle.
Lost 609 - La parabole de Ricardo

C’est l’histoire, d’un homme, à qui un autre homme raconte une histoire.
L’autre homme lui dit qu’il a un plan.
Il y croit.
Il y croit très fort.
Il le suit. Longtemps.
Puis l’autre homme le déçoit.
Un jour, il n’y croit plus. Il se décourage.
Il abandonne son nouveau maître. Il se met à médire de lui.
A t-il raison?
La question n’a pas encore de réponse.
Parce que nous n’en somme qu’à l’épisode 9. Il en reste encore 9 autres avant que l’on puisse dire si Lost est la meilleure série de tout les temps, ou la pire arnaque de tout les temps. Si nous avons eu raison de suivre cette série pendant 6 saisons, de mettre notre confiance dans ces scénaristes qui nous disaient qu’ils avaient un plan, ou si nous nous sommes fait berner depuis le début.
Après une saison 5 hautement addictive, la saison 6, le plus souvent, déçoit. Des scènes dont on ne distingue pas le sens. Plus la même passion. Un amer arrière-goût, comme mordre dans le clou de girofle caché dans le pot-au-feu, comme si quelqu’un, par maladresse, avait poivré le gâteau au chocolat. Une impression d’immense gâchis.
Ca dure 8 épisodes, avec des hauts et des bas.
Puis arrive l’épisode 9. Différent. Où l’on explicite, enfin, le passé de l’un des personnages les plus énigmatique de la toile.
Et ce personnage soutient l’une des premières théories apparues chez les fans, dès les premiers épisodes de la saison 1: « We are in hell ».
Fausses pistes, Red herrings, clin d’oeil aux théories de fans, comme lors d’autres épisodes?
On craint, on espère. On continue de regarder.
On se frappe le front quand le bois détruit la pierre.
On continue de regarder malgré tout.
Puis on regarde, simplement.
Et enfin, on regarde avec passion.
La fin arrive. On ne sait pas trop quoi penser de cet épisode. Il était pas mal.
On se rend compte qu’il n’y avait pas de flash sideway. On pense que c’est une bonne chose. Pour l’instant, on ne comprend pas vraiment l’utilité des flashsideway, pour être honnête.
Puis on réfléchit, et on se remémore l’une des phrases de l’épisode.
“That men who sent you to kill me believes that everyone is corruptible because it’s in their very nature to sin. I bring people here to prove him wrong.”
On se dit que, peut-être, les flash sideway sont une façon de continuer cette démonstration, même si personne n’est là pour observer l’expérience.
On se dit que c’est quand même beaucoup de temps gaspillé pour pas grand chose.
Puis on se dit que finalement, cela n’a pas beaucoup d’importance.
Parce que l’on vient de se rendre compte que, pour la première fois depuis longtemps, on a envie de parler de Lost. D’écrire une note de blog dessus. D’aller voir sur des sites internet, des forums, ce que les autres en pensent. D’échanger des idées.
Parce que Lost, c’est avant tout l’histoire de fans, à qui d’autres fans racontent une histoire.
Flashforward - La roue du temps est repartie

Quatre mois de pause, et on repart pas trop mal. Flashforward, la plus survendue des séries de la rentrée dernière, vient de réapparaître sur les écrans.
Survendue, parce que marketée comme “le nouveau Lost” à sa sortie. Mais la publicité était mensongère: Flashforward ne s’apparente qu’à la saison 5 de Lost, et encore, de très loin. Ça tombe bien, c’est ma saison préférée de la série.
Pour ceux qui ne connaissent pas, le (très alléchant) pitch: le 6 octobre 2009, toute l’humanité s’évanouit pendant 2 minutes 17 secondes. Pendant ce laps de temps, chacun a une vision de son futur, six mois plus tard, le 29 avril 2010 (un flashforward, donc. Merci, c’est gentil de suivre).
Evidemment, les différents personnages que l’on suit ont tous vus des moments clés de leur vie, et tentent tous d’interpréter leur vision, d’une façon ou d’une autre.
Principale critique sur la série: les acteurs ne sont pas à la hauteur. Pas faux, mais tant pis, on va passer la dessus.
Seconde critique: à part la séduisante idée de départ, l’histoire sonne un peu creux. La, par contre, faux: Flashforward explore méthodiquement et avec intelligence la plupart des paradoxes concernant la précognition, et flirte gentiment avec la frontière Libre arbitre contre Destin, sans jamais (jusque à maintenant) pencher d’un côté ou de l’autre.
A qui s’adresse la série, alors? Probablement aux gros geek amateurs de problématiques temporels. Ceux qui ont compris Retour vers le Futur, Terminator, L’armée des 12 singes, La machine a remonter le Temps, la saison 5 de Lost et la websérie Le Visiteur du Futur, et qui ont digéré toutes ces références. Ceux qui savent faire la différence entre une histoire à univers parallèle et une histoire à boucle temporelle. Ceux qui aiment ce genre d’histoire, et qui ont envie d’en voir encore une autre, un peu différente.
Les audiences américaines étant assez mauvaises, Flashforward ne connaîtra peut-être pas de seconde saison. Pas bien grave: le concept même de la série ne réclame pas forcément une suite, au contraire. Un bonne problématique cohérente et maîtrisée, sur une saison, suffira à mon bonheur.
Le visiteur du futur - The end of the world as we know it
Le visiteur du futur EPISODE 1
envoyé par FrancoisDescraques. - Gag, sketch et parodie humouristique en video.
C’est mon petit bonheur du jour, découvert sur le tard, parce que j’avais 14 minutes à perdre en mangeant ma fricassée de champignons : le visiteur du futur, une websérie française réalisé par François Descraques, un réalisateur de 24 ans.
J’en suis à l’épisode 7, et je suis déjà méga-fan. Le pitch: un voyageur temporel vient régulièrement pourrir la vie d’un type lambda en lui promettant les pires catastrophes comme conséquences de ses actes les plus anodins. Évidemment, effet papillon, paradoxes temporels et grosses déconnades sont au programme.
Les épisodes durent 2 minutes [au début, puis ça s’allonge un peu]. Deux excellentes minutes à chaque fois, très fun et très rythmées. C’est gratos, tous les épisodes sont en ligne ici, on aurait tort de s’en priver.
PS: pour les fans de la saison 5 de Lost, les épisodes 5 et 6 sont un pur bonheur. [Tous les autres aussi d’ailleurs.]
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EDIT: une dizaine d’heures et 15 épisodes plus tard, force est de constater que c’est quand même une putain de bonne série que ces types ont réalisés avec trois bouts de ficelles. Bien meilleur que bon nombre de trucs surbudgetés que l’on voit sur les écrans télé ou au cinéma.
Et en plus, j’avais pas fait gaffe, mais je suis pile poil dans l’actu: l’ultime épisode de cette excellente série à été mis en ligne vendredi dernier. Donc on peut s’enfiler toute la série d’un coup. Bonheur.
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Aparté (et vague spolier sur Lost)
L’année dernière, j’ai passé plusieurs heures dans les commentaires du blog de Pierre Serisier, à discutailler sur la théorie des voyages dans le temps dans la saison 5 de Lost avec d’autres types aussi atteints que moi.
En fait, si vous avez toujours pas compris comment marche une boucle temporelle, ce qu’est un paradoxe temporel ou pourquoi mieux vaut éviter de se lancer dans l’écriture d’une histoire reposant sur le concept du voyage dans le temps sans maîtriser ses références sur le sujet, ben regarder Le visiteur du futur, toutes les références et tous les concepts nécessaires y sont.
Et en plus vous vous taperez un bon nombre de bonnes barres de rire au passage.
La 3D va-elle sauver l’industrie du cinéma?
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Avatar, le dernier film de James Cameron, est en train de cartonner dans les box-offices un peu partout dans le monde. Un succès commercial, même si le film laisse certains spectateurs sur leur faim. Perso, je ne l’ai pas (encore) vu. Mais de ce que j’en ai lu ici ou là, le scénario très plat semble particulièrement poser problème.
Pourquoi un tel succès, alors? Parce que sur la forme, le film casse la baraque.
“Mon cerveau veut partir, mais mes yeux veulent rester”, twittait jenesais plusqui l’autre jour. Même bilan chez Tibo, qui après quatre paragraphe pour nous expliquer que Avatar a pompé le sript de Pocahontas, balance néanmoins:
“Aussi déçu que j’ai été à la sortie, je vous conseille d’aller voir le film en salle. Oui, j’ai lâché 7,60 pour aller voir une belle bouse, et je vous conseille de faire la même chose.”
3D relief
La raison d’un tel bilan? La 3D relief. Avatar est le premier film pensé, dès le départ, pour intégrer cette technologie. Et apparemment, ca déglingue pas mal les yeux. Ce qui me fait dire que cela pourrait bien sauver le cinéma, en tant qu’industrie.
Depuis quelques années, les films sortis en salle se retrouvaient immédiatement en téléchargement. Certains se retrouvent même sur le net avant leur sortie officielle. Et y rencontrent un grand succès.
Pourquoi payer pour voir quelque chose que l’on peut voir gratuitement? Pourquoi se déplacer, faire la queue, être dépendants d’horaire, alors qu’on peut lancer le film à n’importe quel moment depuis son canapé? Pourquoi aller voir un film dans une salle blindée, avec un grand type devant qui cache l’écran, une mamie qui n’entend rien a côté et qui demande à son mari de tout lui expliquer, et une bande de gamins derrière qui ricanent au premier téton, quand on peut le regarder tranquile chez soi en bonne compagnie?
Valeur ajoutée
“Nan mais le grand écran c’est mieux, quand même”, rétorquent certains. L’argument est léger, mais rappelle ce qui a fait le succès de base des salles de cinéma: elles offraient quelque chose que les spectateurs n’avaient pas chez eux. Un écran, au début, un très grand écran et une qualité d’image et de son exceptionnelles par la suite. Des arguments qui tombent à plat maintenant que chaque foyer est équipé d’un méga écran plat (si le “Home cinema” s’appelle ainsi, c’est qu’il y a bien une raison).
Si elles veulent survivre, les salles de cinéma doivent donc proposer quelque chose que le spectateur ne peut trouver ailleurs. C’est là que débarque la 3D relief et ses lunettes lourdes et moches. L’expérience vécue en salle de cinéma devant un film 3D semble apporter une réelle valeur ajoutée à celle que peut avoir le spectateur face à son écran d’ordi. Une valeur ajoutée qui peut le faire revenir dans les salles.
Les producteurs l’ont bien compris. Certains sont déjà en train de refilmer certaines scènes de leur film pour y intégrer la 3D relief (Cabin in the wood, par exemple). Et les projets de films prenant en compte cette technologie à la source risquent de se multiplier dans les mois à venir.
On va se prendre du film d’horreur avec les monstres qui surgissent vraiment à côté de nous (et on va foutre des pains au voisin par réflexe). Des films d’actions avec les voitures qui speedent dans tous les sens. Des films de science-fiction avec des combats spatiaux totalement nouveaux. Les grosses salles vont toutes s’équiper, les petites vont laisser tomber. Et l’industrie du cinéma va recommencer à sourire. Au moins jusque à ce que l’on propose des écrans et lunettes 3D de salon…
Bonus: une petite vidéo qui explique comment ça marche:
Femme, noire et handicapée, Rama Yade a-t-elle des chances d’emporter l’élection présidentielle ?
Rama Yade est-elle une femme de gauche? Pourrait-elle mener une liste Socialiste aux prochaines régionales? C’est ce que soutien la n°2 de la région Ile-de-France, Michèle Sabban, dans un article du Post. Une prise de position qui m’a donné envie de ressortir cet article de politique-fiction, publié il y a quelques mois, lorsque ce blog était en version béta. J’y imaginais une Rama Yade devenue handicapée à la suite d’un accident, et en bonne place pour remporter l’élection présidentielle.
Femme, noire et handicapée, Rama Yade a-t-elle des chances d’emporter l’élection présidentielle ?
(Des Nouvelles du Monde, 22-02-2022)
La candidate centriste semble bien placée pour devenir la première présidente française. Symbole d’une égalité enfin devenue réalité ?
A 46 ans, Rama Yade est devenue un symbole non seulement en France, mais aussi sur toute la planète. En Afrique, d’abord, où elle est née, et où l’espoir qu’elle suscite semble sans fin. En Europe, ensuite, où elle intrigue les partis au pouvoir, effraie les extrêmistes de droite et enthousiasme les minorités. En Amérique Latine, en Asie, en Océanie aussi, où le nom de la « française à roulettes » est désormais connu de tous. Il n’y a guère que les Américains, qui ont élu successivement un noir, une femme, et un vétéran de la guerre d’Irak amputé d’une jambe, qui rigolent en voyant que la vieille Europe est, une fois de plus, largement à la traîne.
Politique Zig Zag
Rama Yade intrigue autant qu’elle irrite. Au cours de son parcours politique tout en zig zag, elle s’est fait beaucoup d’ennemis – mais encore plus d’amis. Un parcours commencé dans les années 2000 au Parti Socialiste, selon certain, même s’il ne reste plus de traces de cet engagement précoce. Rama Yade n’apparaît sur la scène publique qu’en 2007, lorsqu’elle devient secrétaire d’état aux droits de l’homme dans le gouvernement de droite. Un poste qu’elle quittera à grand fracas après trois ans ponctués de prises de positions souvent en contradiction avec le président de l’époque. Son divorce avec la droite date de cette époque. Ses pires ennemis aussi.
Elle trouve refuge au Modem, parti alors en pleine renaissance. Et ne tarde pas à refaire parler d’elle. En 2010, elle est élue pour la première fois conseillère régionale d’Ile de France. En 2012, elle remporte haut la main le siège de députée de la première circonscription des Hauts-de-Seine, occupé alors par un communiste. Elle n’a eu de cesse de se faire réélire à ces postes depuis.
En 2017, nouveau clash entre elle et son parti politique : suite au fiasco de l’élection présidentielle et à l’effondrement du Modem, Rama Daye rejoint le Nouveau Parti Socialiste, qui vient d’accéder au pouvoir. Le président, Jean-Marc Ayrault, lui propose le ministère des Affaires Etrangères. Elle accepte. Puis claque de nouvau la porte moins de deux ans plus tard, pour créer son propre parti, au centre, avec d’autres déçus de droite, de gauche et d’ailleurs.
Triple minorité
Un parti qui à bien failli ne jamais voir le jour : fin 2020, suite à un accident de voiture, Rama Yade passe un mois dans le coma, entre la vie et la mort. Paraplégique depuis cet accident, la députée semble avoir gagné en combativité ce qu’elle a perdu en motricité. En deux ans, elle s’est imposée comme chef incontestée de son parti, puis comme alternative crédible pour la présidence de la République.
En deux ans, elle a réussi à rassembler les déçus de la droite et de la gauche, mais aussi tous ceux pour qui sa candidature est synonyme de changement. Les minorités ethniques la soutiennent à bout de bras. Les personnes handicapées en ont fait leur porte-drapeau. Les féministes rappellent que la France est le seul grand pays occidental à ne pas encore avoir élue de femme à sa tête. Et à deux mois du premier tour de l’élection, les sondages la placent aujourd’hui au coude à coude avec les candidats de droite et de gauche.
Une femme noire, présidente de la République : l’égalité, enfin ? « L’égalité sera atteinte en France lorsque une métisse handicapée homosexuelle sera élue présidente de la république et qu’elle pourra se montrer aussi incompétente que tout les hommes blancs valides à 100% qui l’ont précédé, sans que personne n’y trouve rien à redire », a-elle dit un jour. « Comme je suis très heureuse avec mon mari, l’égalité devra encore atteindre quelques années!», a-t-elle récemment ajouté.