Tavernier: ” Mon film est tout sauf une reconstitution historique ”

A lire sur le site de la Nouvelle République, une interview de Bertrand Tavernier en promo pour La Princesse de Montpensier, parue ce matin dans les pages nationales du journal, et un court billet sur le film.
La 3D va-elle sauver l’industrie du cinéma?
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Avatar, le dernier film de James Cameron, est en train de cartonner dans les box-offices un peu partout dans le monde. Un succès commercial, même si le film laisse certains spectateurs sur leur faim. Perso, je ne l’ai pas (encore) vu. Mais de ce que j’en ai lu ici ou là, le scénario très plat semble particulièrement poser problème.
Pourquoi un tel succès, alors? Parce que sur la forme, le film casse la baraque.
“Mon cerveau veut partir, mais mes yeux veulent rester”, twittait jenesais plusqui l’autre jour. Même bilan chez Tibo, qui après quatre paragraphe pour nous expliquer que Avatar a pompé le sript de Pocahontas, balance néanmoins:
“Aussi déçu que j’ai été à la sortie, je vous conseille d’aller voir le film en salle. Oui, j’ai lâché 7,60 pour aller voir une belle bouse, et je vous conseille de faire la même chose.”
3D relief
La raison d’un tel bilan? La 3D relief. Avatar est le premier film pensé, dès le départ, pour intégrer cette technologie. Et apparemment, ca déglingue pas mal les yeux. Ce qui me fait dire que cela pourrait bien sauver le cinéma, en tant qu’industrie.
Depuis quelques années, les films sortis en salle se retrouvaient immédiatement en téléchargement. Certains se retrouvent même sur le net avant leur sortie officielle. Et y rencontrent un grand succès.
Pourquoi payer pour voir quelque chose que l’on peut voir gratuitement? Pourquoi se déplacer, faire la queue, être dépendants d’horaire, alors qu’on peut lancer le film à n’importe quel moment depuis son canapé? Pourquoi aller voir un film dans une salle blindée, avec un grand type devant qui cache l’écran, une mamie qui n’entend rien a côté et qui demande à son mari de tout lui expliquer, et une bande de gamins derrière qui ricanent au premier téton, quand on peut le regarder tranquile chez soi en bonne compagnie?
Valeur ajoutée
“Nan mais le grand écran c’est mieux, quand même”, rétorquent certains. L’argument est léger, mais rappelle ce qui a fait le succès de base des salles de cinéma: elles offraient quelque chose que les spectateurs n’avaient pas chez eux. Un écran, au début, un très grand écran et une qualité d’image et de son exceptionnelles par la suite. Des arguments qui tombent à plat maintenant que chaque foyer est équipé d’un méga écran plat (si le “Home cinema” s’appelle ainsi, c’est qu’il y a bien une raison).
Si elles veulent survivre, les salles de cinéma doivent donc proposer quelque chose que le spectateur ne peut trouver ailleurs. C’est là que débarque la 3D relief et ses lunettes lourdes et moches. L’expérience vécue en salle de cinéma devant un film 3D semble apporter une réelle valeur ajoutée à celle que peut avoir le spectateur face à son écran d’ordi. Une valeur ajoutée qui peut le faire revenir dans les salles.
Les producteurs l’ont bien compris. Certains sont déjà en train de refilmer certaines scènes de leur film pour y intégrer la 3D relief (Cabin in the wood, par exemple). Et les projets de films prenant en compte cette technologie à la source risquent de se multiplier dans les mois à venir.
On va se prendre du film d’horreur avec les monstres qui surgissent vraiment à côté de nous (et on va foutre des pains au voisin par réflexe). Des films d’actions avec les voitures qui speedent dans tous les sens. Des films de science-fiction avec des combats spatiaux totalement nouveaux. Les grosses salles vont toutes s’équiper, les petites vont laisser tomber. Et l’industrie du cinéma va recommencer à sourire. Au moins jusque à ce que l’on propose des écrans et lunettes 3D de salon…
Bonus: une petite vidéo qui explique comment ça marche: