Boulet existe. Si, si.
Il en faut parfois peu pour être heureux. Mon bonheur du jour: me rendre compte que Boulet, de ses yeux divins, a parcouru les lettres tracés dans les commentaires de son blog par mes doigts galeux sur mon clavier boueux. Apparemment, il a apprécié le message. Il y a même répondu. La preuve est là:

Mieux: selon mon compteur Google Analytics, l’une des 17 personnes a être passé sur ce blog hier venait de Bouletcorp. Toujours selon Google Analytics, cette personne est restée “environ 00.00.00 secondes”. Il est donc probable que, l’espace d’une fraction de seconde, les yeux de Boulet-notre-maître-à-tous se soient posés sur ces pages.
Je peux mourir en paix.
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Pour les mécréants qui ne connaissent pas Boulet, c’est tout simplement l’auteur du blog BD le plus indispensable de ces dernières années. C’est lui qui a donné ses lettres de noblesse au genre, en fait. Ses histoires naviguent entre humour du quotidien, aventures épiques, références geek et poésie. Un bonheur renouvelé (presque) chaque jour.
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Pour ceux qui se demandent qui est Dr Horrible, où qui connaissent cet excellent serial-opéra mais veulent en savoir plus sur sa prequel et sur sa suite, suivez les liens!
Buffy saison 8 – Fallait-il vraiment en faire un comic?

Buffy contre les vampires, tout le monde connait. Une série télévisée en sept saisons, devenue culte dès ses premiers épisodes. Une actrice principale, Sarah Michelle Gellar, qui avait trouvé là le rôle de sa vie. Des seconds rôles au moins aussi bons qu’elle. Un univers à la fois proche et fantastique, métaphore permanente et flamboyante du morne quotidien de nos années adolescentes. Un créateur, Joss Whedon, qui avait trouvé là un terrain de jeu dans lequel il était seul maitre à bord. Des dialogues décalés et hilarants, même dans les situations les plus sombres. C’était du bonheur en barre, à regarder chaque samedi soir, à une époque où le téléchargement sur internet n’existait pas.
La série télévisée s’est arrêté à sa septième saison. Buffy était sortie des études, et avec son entrée dans la vie adulte la série avait pris un tournant beaucoup plus sombre. Elle méritait la belle fin qu’elle a eu, plutôt qu’une longue et pénible agonie, placée sous perfusion pour tenter d’en extraire tout le fric possible. Très bien.
Une huitième saison en comics
Peu le savent en France, mais les aventures de Buffy continuent maintenant en comics. Une huitième saison, qui devrait compter 40 épisodes, est en cours. Vingt-huit tomes sont aujourd’hui parus. Ce changement de médium n’est pas une adaptation ou un simple produit dérivé. C’est toujours Joss Whedon qui est aux manettes (comme producteur, et parfois comme scénariste). Il s’agit ici d’une vraie saison 8, qui se passe après les évènements de Sunnydale.
Sur le papier, la suite est cohérente: Buffy a réveillée toutes les tueuses potentielles, plusieurs centaines d’entre elles l’ont rejoint dans sa lutte contre les forces du mal, et tout le monde vit dans un grand château écossais d’où s’organisent les raids contre les démons. Un nouveau départ pour cette grande série? Cool.
Le monde a changé
Buffy et tous ses amis ont pas mal évolués, et avec eux l’univers de la série. Exit les études et Sunnydale: la guerre contre les forces du mal prend ici toute la place, et le monde entier est le nouveau terrain de jeu des tueuses. L’occasion de se payer des décors un peu trop chers pour une série télé. Ou des scènes de batailles impliquant plusieurs centaines de personnages. Voir même des passages dans des univers qui, projeté sur écrans, nécessiteraient un budget effet spéciaux conséquent. Dans un comics, décors et acteurs ne coutent que l’encre nécessaire à les dessiner, Whedon aurait tort d’en priver.
On retrouve l’art de Whedon pour les dialogues, toujours aussi bons. Son art de la métaphore est toujours là par moment, mais il ne touche plus aussi juste qu’au temps ou Buffy était au Lycée. Et surtout, dans cette surenchère permanente, Whedon se perd. Plus de limites, plus de génie. La Tueuse et son armée rejoignent le grand club des super-héros sans charme et sans poésie.
Une mauvaise BD
Et puis, une BD, c’est d’abord raconter une histoire en image. Ici, les vrais fans de BD resteront sur leur faim devant des cases mal construites et un trait sans charme.
On lit quand même, parce qu’on aime les personnages, et qu’on a envie de savoir ce qu’ils deviennent. Dommage: la plupart d’entre eux prennent des chemins plus que décevants. On continue de lire, parce que même si certaines situations sont crées de toute pièces pour pouvoir placer des mauvais jeux de mots, on aime toujours Whedon. Parce que Buffy reste Buffy. Y compris quand on la massacre.
Dollhouse – l’art du grand écart

C’est une série et c’est un ovni. C’est le pire et le meilleur. Dollhouse, dont l’épisode final a été diffusée récemment, est un cas d’école pour les amateurs de séries télévisées. Un show qui, tout au long de sa courte vie, a du ménager la chèvre et le chou, les fans de séries compliquées qui aiment les longs arcs narratifs (mythologie), et les téléspectateurs occasionnels qui veulent que chaque épisode soit une histoire à part entière (stand-up).
Joss Whedon, le créateur de la série, a eu fort à faire pour jongler avec ces contraintes. Pour tenter de contenter tout le monde. Pas sûr qu’il ait réussi. Mais il aura au moins essayé avec brio.
Pour contenter tout le monde, la série a fait des grands écarts. Des épisodes stand-up un peu chiants, et des épisodes mythologie magiques. De purs moments de bravoure émaillent la série, la hissant vers le haut lorsque l’on s’attend à la voir plonger vers le fond.
Et surtout, deux épisodes totalement mythiques, Epitaph 1 et 2, qui changent totalement la vision que l’on peut avoir de cette série.
Deux fois 45 minutes, qui se passent une dizaine d’années après l’arc narratif principal. Un grand écart temporel, avec une histoire à boucler à la va-vite. Des personnages que l’on retrouve changés, des blancs plein leur parcours. Qu’importe. A chacun d’y mettre ce qu’il veut. Le nouveau monde est coloré, vivant, inventif, grand-guignolesque. Et surtout passionnant. On se laisse aller. On regarde. On prend du plaisir à se remplir les yeux. A la fin - parce qu’il faut bien une fin - , on applaudit. Et on attend le prochain Whedon.
Billy the coeur d’artichaut (Dr Horrible sing-along blog unofficial prequel)

Première chose à faire avant de lire le reste de cette note: aller voir Dr Horrible sing-along blog.
C’est une mini-websérie-musicale crée en 2008 par Joss Whedon (le père de Buffy contre les Vampires, de Firefly, et plus récemment de Dollhouse), avec Neil Patrick Harris (l’excellent Barney Stinson de How I Met Your Mother) dans le rôle principal, et Nathan Fillion (le héros principal de Firefly, apparu également dans Buffy) en rôle Number 2.
Ca dure 45 minutes en tout (trois fois 15 minutes), c’est drôle, tendre et timbré à la fois, et les scènes musicales sont excellentes. Vous pouvez la visionner gratuitement ici si vous habitez aux Etats-Unis - et si ce n’est pas le cas, elle est disponible par d’autres moyens.
Ca y est, c’est fait? C’était cool, hein? Retournez la regarder une autre fois, vous en mourrez d’envie. Et une troisième, tant qu’à faire. Et repassez vous les meilleurs chansons en boucle. Pas de honte à avoir, c’est ce que j’ai fait après avoir découvert cette série, moi aussi. Ensuite, comme je n’en avais toujours pas assez, je suis allé trainer sur des sites de fans et des groupes facebook pour retrouver les citations les plus hilarantes.

Maintenant que vous avez bien toute les références en tête, vous pouvez aller voir Horrible Turn.
Car cette mini-série est un tel petit bijou que sa communauté de fans en réclame la suite depuis très longtemps. Comme celle-ci n’arrivait pas assez vite (mais c’est désormais prévu, apparemment!), ils ont pris les choses en main. Et ont fait non pas une suite, mais une prequel non-officielle d’une heure, qui raconte la jeunesse des personnages, et comment ils sont devenus ce qu’ils sont dans Dr Horrible.
Bien sûr, ce n’est pas aussi génial que l’original. Bien sûr, il y a des longueurs. Bien sûr, certains plans sont foireux. Mais pour une fanfiction, c’est de l’excellent boulot. Les scènes chantées sonnent justes, plusieurs moments m’ont bien fait rire, et les acteurs sont très bons – bien meilleurs que 90% des acteurs français, en fait. Il y a même une fausse fin, un générique avec des blagues écrites en petits caractères, un bonus et un bêtisier avant la vrai fin.
Une bonne façon de se consoler en partie de l’annonce selon laquelle Dollhouse, la dernière série de Joss Whedon, n’aura pas de saison 3. Et de passer le temps en attendant son prochain projet…